Portrait d’habitants : Maho, championne de Mario Kart

À 22 ans, Amélie est une jeune résidente discrète du quartier de Borny. Toutefois, la jeune femme a un petit secret : plus connue sous le nom de Maho, elle joue à Mario Kart, et plutôt bien ! Mieux, en 2018 et en 2019, elle fut respectivement championne et vice-championne régionale de ce jeu vidéo de course.

Depuis combien de temps joues-tu aux jeux vidéos, et plus particulièrement à Mario Kart ?

Depuis longtemps ! Je crois que cela fait 16 ans maintenant. J’ai commencé à y jouer grâce à mon frère aîné. Il m’a montré beaucoup de jeux : Final Fantasy, Super Smash Bros,… mais c’est sur Mario Kart que je me débrouillais le mieux. Les premiers jours ont été compliqués. J’ai joué ma toute première partie de Mario Kart sur la route Arc-en-Ciel, sur la Super Nintendo et j’y ai passé une heure et demie ! Une heure et demie pour un circuit qui, professionnellement, est fait en moins d’une minute ! C’était compliqué au début mais après, les rouages finissent par s’emboîter et on comprend le fonctionnement du jeu.

As-tu joué à toutes les éditions de Mario Kart ?

Presque ! Je n’ai pas joué à la version Game Boy Advance. Super Nintendo, Nintendo 64, Gamecube, DS, Wii, 3DS, WiiU et Switch, je les ai toutes faites ! À part la version sur portable, que je n’aime pas vraiment.

Avais-tu un palmarès avant tes titres ?

Ce n’était pas vraiment un palmarès mais j’avais 9000 points sur le premier mode en ligne, sur Mario Kart Wii. Même si je considérais le jeu comme un hobby, je détestais perdre. Sous mes airs tranquilles, j’ai le syndrome de la mauvaise perdante. J’essaye toujours de viser plus haut quitte à subir de nouveaux échecs. J’avais lutté pour arriver jusqu’au maximum (9999 points), mais avec l’apparition de hackers, c’était mission impossible.

Comment ce hobby est-il devenu une passion ?

Au début, je jouais pour passer le temps avec mes frères. Je n’avais pas comme ambition de devenir championne. À l’inverse de mon frère aîné, qui s’entraînait d’arrache pied pour pouvoir faire partie de l’équipe nationale pour la coupe du monde de Mario Kart 8, qui se jouait alors sur la WiiU. Je n’avais clairement pas le niveau, mais lui, si. Alors, je l’aidais pour qu’il puisse avoir un entraînement continu.

Toutefois, suite à son décès, j’ai eu envie de lui faire honneur, en accomplissant les objectifs qu’il n’avait pas pu réaliser : avoir 20 000 points sur le jeu en ligne, gagner quelques tournois IRL (in real life, ndlr) et online afin de me faire un petit nom au sein de la communauté et de pouvoir ainsi, un jour, participer à une coupe du monde. J’ai obtenu les 20 000 points qu’il désirait avoir le jour de son anniversaire, le 19 mai. Un mois avant, j’avais gagné le tournoi qui se passait dans ma ville. J’avais accompli un des plus beaux hommages possibles.

Justement, comment se sont passés les tournois auxquels tu as participé ?

L’édition 2018 a été stressante pour moi. Le tournoi était sur le Mario Kart 8 de la version WiiU. J’avais entendu parler des tournois régionaux se passant dans ma ville natale et j’étais dans une situation qui me permettait de faire 12 heures d’entraînement par jour. Au fur et à mesure, je suis passée, en quatre mois, de 0 point en mode online à 18 000 points. Je me débrouillais plutôt bien et je progressais vite.

Alors, pourquoi ne pas me mesurer aux autres ? Après l’annonce du tournoi, je me suis inscrite. J’étais impatiente mais aussi stressée parce que c’était la première fois que je me lançais dans l’inconnu. Ce jour-là, je me suis réveillée très tôt pour m’entraîner pendant quatre heures avec mes amis.

Lors des qualifications, j’étais première avec un score parfait ( 60 points sur un grand prix de quatre courses, avec 15 points pour le premier à la chaque fin de circuit ), jusqu’à la demie-finale, où j’ai obtenu une cinquantaine de points, en étant toujours première.

Comment tu te sentais ?

J’étais très fébrile mais je m’amusais bien. Puis, la finale est arrivée. J’ai bien démarré mais le milieu de la course a été compliqué : j’ai failli finir cinquième mais je me suis reprise sur la fin. J’ai eu une centaine de points et le second dix de moins. C’était serré ! Ce soir-là, je suis revenue chez moi très contente, avec deux petites figurines qui ont été depuis mâchouillées par mon chat. Elles sont méconnaissables quand je les regarde (rires).

Et l’édition 2019 ?

Ce fut plus compliqué, car j’avais repris mes études et surtout parce que le tournoi était passé sur Mario Kart 8 Deluxe sur Switch. Il se déroulait sur une console, une manette que je ne maîtrisais pas. Il m’était donc impossible de pouvoir m’entraîner confortablement. J’y suis allée quand même, car je n’allais pas m’arrêter à si peu.

Les phases de qualifications ont été extrêmement anxiogènes. Je n’étais pas à l’aise sur les manettes, les maniements étaient moins bons que l’année précédente. Je suis quand même arrivée première dans chaque phase de qualifications, mais sans faire de score parfait. En quart de finale, je suis arrivée deuxième in-extremis. La demi-finale a été très serrée : il y avait un point d’écart entre le second et moi. Nous sommes finalement arrivés tous les deux en finale, après un combat acharné. Sur les quatre finalistes, j’étais la seule fille comme l’année dernière.

La finale s’est déroulée plus tard. J’ai profité de cette pause pour m’entraîner sur la Switch et essayer de m’accoutumer un peu plus à la manette. Quand la finale est arrivée, les victoires se sont partagées entre les quatre finalistes. J’ai tenu bon et j’ai arraché mes premières victoires. Puis, le plus jeune des finalistes a pris l’ascendant et je suis finalement arrivée deuxième, à une dizaine de points derrière. J’étais déçue de ne pas gagner mais j’étais quand même satisfaite d’arriver aussi haut alors que je n’avais pas eu de quoi m’entraîner.

Et maintenant, que fais-tu ? Quels sont tes projets ?

Pour le moment, j’ai totalement arrêté de jouer, notamment pour me consacrer à mes études et à mon travail. Je souhaite devenir traductrice plus tard. Mais je ne rayerai jamais Mario Kart de mon esprit. Je vais doucement m’y remettre, recommencer à m’entraîner, petit à petit.

Je compte faire quelques lives sur ma chaîne Twitch d’ici peu, pour que mes amis, ma famille, mon colocataire même, puissent voir mes entraînements ou mes réactions sur d’autres jeux, comme le remake de Final Fantasy 7. Pour ceux qui ne me connaissant pas, cela sera aussi l’occasion de discuter avec quelqu’un qui sera toujours votre pote que vous aimiez ou non la pizza aux ananas ! Mon but est aussi de montrer que les filles peuvent être aussi douées que les garçons en matière de jeux vidéos et qu’elles peuvent avoir un niveau professionnel. C’est quelque chose qui est encore tabou dans le milieu de l’e-sport.

Je vais très certainement chercher des tournois en ligne de Mario Kart et y participer une fois que j’aurai retrouvé mon niveau. Et, peut-être que si je me bâtis une réputation assez solide, d’ici un an ou deux, je serais dans la l’équipe française pour la coupe du monde de Mario Kart. Qui sait ? Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. On m’a passé le flambeau, à moi de faire le chemin nécessaire pour arriver à mes fins. C’est une histoire à suivre. Une belle, je l’espère, car ce n’est que le début !

Vous pourrez retrouver Maho par sa chaîne twitch. N’hésitez pas à vous abonner pour suivre ses aventures. À vos volants !

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